Sur des surfaces je pose des bribes d´objets qui limitent un territoire. Les matériaux récupérés, ceux de tout le monde, sont choisis par un enchaînement souvent formel et au cours de la mise en œuvre ils prennent une valeur de signes ou d´indices. Il s´agit alors de nouer ou re-nouer l´histoire pour celui qui regarde.

Avec une certaine économie de gestes, les matériaux tiennent entre eux dans un équilibre précis et tendu. Chaque sculpture est un risque de pris, et c´est l´énergie résultant du geste réalisé qui est ainsi donné à voir.
En manipulant les matériaux, je dessine au dedans même des volumes. J´accorde une place importante au temps qui peut alors prendre place parmi les matériaux. Des évolutions infimes enrichissent la sculpture, des sensations s´y faufilent et se nichent dans les plis, les creux et les surfaces. Ainsi se forment des nœuds d´intimité, résultat de l´interaction entre ma main, le matériau et l´espace.

L´œil peut alors rentrer dans les matériaux en accordant de l´importance au détail, il se focalise en se posant la question de ce que construit le regard. Ce dernier dessine les choses, va même jusqu´à les re-construire, je tente aussi ici d´interroger la manière dont il fait intervenir la mémoire.