Surimpressions, extraits

Les cartons posés à l´envers, retournés tête vers le sol.


Une maison qui a comme une trompe d´éléphant, en fer gris. Celle-ci sort d´une fenêtre haute et tombe jusqu´au sol.


Dans l´ombre le soir : l´éponge. Elle est comme du feutre, elle attire.


La mousse, très blanche et compacte (de la lessive) sur le sol sec ; deux blocs tout seuls devant
l´épicerie, comme des îlots.


Des affiches dans les rues d´une grande ville. De grandes affiches bleu ciel. Sans rien. Juste une étendue de couleur, nue et propre. Elles recouvrent les affiches passées et attendent les nouvelles.


Il y a beaucoup de vent avec un ciel gris foncé, orageux, il a un peu plu. Le vent rase l´eau mais il n´y a pas de vague.
Vu du pont, le fleuve est très large. Je regarde la piscine déserte sur la rive, il n´y a pas tellement de lumière mais tout se distingue bien, comme s´il allait venir un drame ou qu´il était déjà passé.
Les jeux d´enfants qui habitent le grand parterre, éloignés les uns des autres, petits, parsemés comme des champignons, laissent plein d´espace. Quelques couleurs sur les jeux vus de loin.
L´eau bleu clair de la piscine rasée par le vent, déserte. C´est la couleur la plus belle, la plus forte, qui saute le plus aux yeux.
Les espèces de tours immenses, hautes, font lever la tête. Elles planent sur l´eau de la piscine comme des gardiennes.


Le préau en toile colorée devant l´entrée d´un immeuble, comme un tunnel.


Les bouleaux contre l´usine blanche, comme des peintures. Les ombres à peine marquées tournent à peine.


Des plateaux qui volent. Un se retrouve au milieu de la rue loin de la terrasse du café.


Des tiges de bois fines et longues, dans un petit pot de fleurs en porcelaine vert clair posé sur le trottoir. Le haut des tiges de bois s´arrête sur la moulure du premier étage de la façade.


Les lumières clignotent sur l´aile de l´avion.


La petite table blanche avec un pied central rouge, calée contre le mur dans le parking. Les lumières de phares passent un peu plus loin sur le tronçon d´autoroute surélevé, il y a aussi les couleurs des grandes affiches éclairées au néon la nuit. Deux pots en verre sont posés sur la table dont un vide et un aux trois quarts plein de sucre.


Le banc très blanc sous la lumière faible d´un lampadaire.


De grandes bâches blanches étalées sur une surface de terre au niveau du fleuve. En longueur. Des poids y sont posés qui les retiennent à intervalles réguliers, peut-être des sacs de terre.


La brosse à dents utilisée chaque jour aux yeux de tous les voisins qui donnent sur le point d´eau du parking, sans intimité.


Depuis la terrasse, une tâche de soleil marque sur le trottoir l´aire de jeu du petit garçon habillé en vert, qui joue avec un balai rouge devant l´échoppe des légumes.


Des barrières coupent le vide de la place, un couple âgé se tient entre elles au soleil, avec les ombres qui s´étendent sur le sol plat et nu.


La gardienne de la salle des Impressionnistes a une amie qui vient la voir, revenant des magasins avec des sacs dans toutes les mains. Un grand sourire aux lèvres, elle montre fière des culottes avec un papillon sur le côté. Elles sont blanches, les papillons colorés, dans un papier plastique.


Un homme à l´arrêt à l´angle de la rue. En blouson de cuir noir. Il lève une jambe longtemps comme un héron.