A propos de l’exposition Aires
Partie intégrante
d’une série d’expositions que La BF15 présente
autour de la notion de territoire, AIRES explore différentes
géographies : subjectives, sculpturales, poétiques,
linguistiques. Les réalisations, images, installations et
textes habitent et dialoguent dans l’espace.
Au mur, Pascal Poulain
déroule sur une longueur de 21 mètres, La carte
qui déploie un territoire sans frontière, ni relief,
depuis les côtes espagnoles jusqu’à l’Afghanistan,
et des côtes françaises jusqu’à laTurquie.
Seule la sonorité des différentes toponymies,
l’orthographe des villes et des villages nous fait passer d’un
pays à l’autre. Les ellipses respectent un quadrillage choisi par l’artiste
et la configuration de l’espace (ses surfaces, ses pleins, ses
vides, ses circulations). Dans les manques, entre les mots, entre les
murs, le spectateur tente la reconstitution d’un territoire
global.
Les sculptures de
Mathilde du Sordet ont été conçues
spécifiquement pour cette exposition de groupe questionnant
les notions de territoire et de déplacement.
D’un point à
une ligne est réalisée pour le lieu en tenant
compte de l’ouverture sur la rue. La sculpture peut être
abordée à la manière d’une image depuis
l’extérieur pour ensuite circuler à l’intérieur
parmi les matériaux la constituant. Faite de jonctions entre
différents éléments, la dynamique de la rue et
une photographie de Till Roeskens y étant intégrées,
D’un point à une ligne tisse des énigmes.
Dans Pan, des
espaces délimités sont réunis, une chute de
cuir, une plaque de bois ou encore un morceau de papier. Les
matériaux sont ici comme des territoires nourris d’histoire,
qui une fois superposés mettent en jeu l’idée
d’édification et de construction. Cette construction est
refaçonnée par le regardeur qui est amené à
voir à travers en même temps qu’il cherche à
voir à l’intérieur.
Lointain, dont le
titre rappelle le genre du paysage, est une imbrication d’éléments
au sol sujets à des glissements ou étirements. La
notion de lointain est également concentrée au sein des
matériaux mêmes qui attendent du spectateur une
projection.
Dans Vidéocartographies
: Aïda, Palestine Till Roeskens demande aux habitants du
camp d’Aïda près de Bethléem de dessiner des
cartes mentales de ce qui les entoure. À travers six chapitres
qui forment autant de courts-métrages potentiellement
indépendants, nous découvrons pas à pas le camp
de réfugiés et ses environs, nous suivons les trajets
de quelques personnes et leurs tentatives de composer avec l’état
de siège sous lequel ils vivent. Un hommage à ce que
l’artiste appelle “résistance par contournement, à
l’heure où la possibilité même de cette
résistance semble disparaître”. La ligne tracée
par les différents protagonistes de la vidéo crée
comme des entrelacs d’histoire, d’émotion et de
mémoire.
Perrine Lacroix